Qu’est-ce qui porte chance et de quelle façon nous appelons-nous la malchance ? Il existe un large éventail de croyances dans le monde entier, nous allons maintenant vous donner quelques exemples d’Asie. Quels présages croient-ils aux Philippines et quel est le signe de la bonne fortune en Thaima ? Qu’en est-il d’un mulet pénis ?
En Finlande, la superstition ne dicte pas vraiment le quotidien. Quelques croyances persistent, comme éviter de passer sous une échelle ou guetter le passage d’un chat noir sur la route. Pourtant, ces histoires, souvent racontées du bout des lèvres, n’influencent guère les décisions de la majorité.
Dans plusieurs pays asiatiques, la superstition s’invite bien plus sérieusement dans la vie de tous les jours. Selon les cultures, gestes, objets ou symboles sont censés attirer la chance ou repousser la malchance.
Les croyances liées à la chance aux Philippines
Aux Philippines, superstition et religion catholique avancent main dans la main. Un objet domine clairement : le chapelet. Véritable talisman quotidien, il accompagne la prière et sert de bouclier symbolique. Sur presque chaque rétroviseur de scooter ou de voiture, le ruban du rosaire pend, bien visible, censé protéger les passagers tout au long du trajet. Avant de démarrer ou en cours de route, nombreux sont les conducteurs qui effleurent leur chapelet, croyant renforcer ainsi la sécurité du voyage.
Quelques signes plus légers sont associés à l’argent : rêver de déjections, ou sentir ses paumes se croiser, annonce une rentrée d’argent prochaine. Le papillon brun est aussi considéré comme un messager de prospérité, tandis que le papillon noir, lui, évoque plutôt une visite de l’au-delà, signe d’un être cher disparu.
Superstitions thaïlandaises
En Thaïlande, le respect des esprits façonne la vie quotidienne. Les maisons des esprits trônent dans les jardins ou à la porte des bâtiments, petits autels richement décorés, où l’on dépose fleurs et offrandes pour s’attirer leur bienveillance. Les âmes des aïeux, comme celles qui veillent sur la forêt ou les champs, ne sont jamais oubliées.
Les amulettes, omniprésentes, sont censées apporter succès ou protection. La plus répandue reste le médaillon représentant Bouddha, porté en collier ou accroché à un bagage : il protégerait des accidents et favoriserait la chance en amour. D’autres amulettes, héritées de l’Inde, comme Ganesha à tête d’éléphant (prospérité, réussite aux études) ou Hanuman le dieu-singe (protection et énergie), circulent aussi. Quant au fameux mulet pénis, discret accessoire porté à la taille par certains hommes, il a la réputation de préserver la virilité et d’écarter les soucis de santé dans cette zone.
Enjeux de chance et de malchance au Vietnam
Au Vietnam, l’astrologie, le feng shui et la croyance aux esprits structurent les choix de vie. Les commerçants, par exemple, réfléchissent à la disposition de leur boutique en fonction des principes du feng shui. Feux d’artifice pour chasser les mauvais esprits, mobilier positionné pour laisser circuler l’énergie (le chi), rien n’est laissé au hasard. Un détail à respecter : le lit ne doit jamais faire face à la porte, sous peine d’attirer la malchance, et on évite que l’escalier donne directement sur l’entrée, pour ne pas voir l’énergie positive s’échapper.
Certains jours du calendrier sont considérés comme particulièrement favorables, notamment pour les mariages. L’astrologie détermine le choix des dates pour maximiser les chances de bonheur. Le chiffre 9, et ses multiples comme 18 (1+8), sont vus comme des porte-bonheur.
Pour le Nouvel An, il est courant de commander au temple des calligraphies de vœux rédigées par des artistes soigneusement choisis. Ces inscriptions, sur papier rouge ou blanc, célèbrent le bonheur, la paix ou l’amour et sont censées attirer la chance tout en repoussant les influences négatives.
Symboles de chance en Chine
En Chine, certains objets incarnent la prospérité et la réussite. Le dragon, figure centrale, symbolise la puissance protectrice et la fortune. On l’aperçoit dans l’architecture, les ornements ou les porcelaines. Selon la légende, neuf dragons veillent, chacun doté de qualités spécifiques. On peut donc adresser sa prière à celui qui correspond à ses besoins du moment.
Le chat doré qui salue de la patte, le fameux maneki-neko, est aussi bien connu. Contrairement aux chats ordinaires, parfois associés à la malchance, celui-ci promet succès et protection contre les esprits néfastes.
Le chiffre 8 est synonyme de chance, tandis que le 4, dont la prononciation rappelle le mot « mort », est évité. Pour protéger les tout-petits, il est conseillé de leur donner des surnoms peu flatteurs, histoire de ne pas attirer l’attention des esprits. Le rouge, couleur de la joie et de la prospérité, domine lors des grandes occasions comme le Nouvel An ou les mariages.
Objets porte-bonheur au Japon
Au Japon, les objets censés attirer la chance font partie du quotidien. Le chiffre 9 est évité, car sa prononciation évoque douleur et souffrance. Les poupées Daruma, inspirées du moine Bodhidharma, symbolisent persévérance et accomplissement : à l’achat, elles n’ont qu’un œil dessiné. Le propriétaire peint le premier œil en formulant un souhait ou un objectif, puis le second quand celui-ci se réalise.
Les omamori, pochettes de tissu refermées, contiennent des prières ou des souhaits de protection. Il en existe pour toutes les situations : santé, amour, réussite aux examens. Ouvrir un omamori porte malheur ; on le garde généralement un an, puis on le rapporte au sanctuaire où il sera brûlé lors des cérémonies du Dondo Yaki, évitant ainsi de jeter une amulette à la poubelle, geste mal vu au Japon.
Et vous, la superstition a-t-elle sa place dans votre vie ? Quel objet, geste ou rituel porte-bonheur accompagne vos journées, même discrètement ?
Texte et images : Kaisa Kapanen (le blog de Kaisa est disponible sur www.lifeaswethinkweknowit.com)



