Le 11 mai 2021, sans tambour ni trompette, une étape s’est gravée dans le parcours du projet DigiPoint : la première session de formation menée par Laurea Polytechnic touchait à sa fin. Ce jour-là, quinze étudiants venus d’Espoo et de Vantaa ont pris la parole pour exposer leurs solutions à des défis concrets d’entreprise. Chacun avait travaillé avec des outils de veille et de conception de services, et tous ont reçu des retours élogieux de la part des commanditaires présents.
DigiPoint, ce n’est pas un énième cursus abstrait. Ici, on parle d’acquérir des compétences numériques, de s’initier à la vie professionnelle, de comprendre la prévoyance et d’apprendre à penser comme un designer de services. Le public visé ? Les jeunes et les demandeurs d’emploi dans l’enseignement supérieur, qui cherchent à se forger des savoir-faire adaptés au marché du travail. Ce contenu pédagogique, Laurea University of Applied Sciences l’a élaboré main dans la main avec les villes d’Espoo et de Vantaa, ainsi qu’avec plusieurs entreprises partenaires.
Le dispositif ne s’arrête pas à transmettre des connaissances : il mise aussi sur l’accompagnement. Les étudiants bénéficient d’un double appui, avec des groupes de conseil issus des collectivités locales et un mentorat d’entreprise pour assurer le lien avec la réalité professionnelle. L’idée est simple : permettre aux étudiants de s’impliquer dans des projets de développement, en situation réelle, au sein d’un environnement numérique.
L’aventure a débuté en novembre 2020. Pendant six mois, les participants ont planché sur des missions concrètes confiées par des sociétés telles qu’Eduix, Molnix, Popit, Recycling Center ou BEARIT. Ils se sont frottés à la gestion de projet, au travail d’équipe, ont aiguisé leur maîtrise des outils digitaux et appliqué des méthodes de veille prospective et de design de services. Pour illustrer la diversité des situations rencontrées, citons le cas des équipes qui ont élaboré des solutions pour améliorer la logistique de recyclage, ou pensé de nouveaux services numériques pour la gestion des ressources humaines.
La pandémie, omniprésente, a imposé son rythme : tout s’est déroulé à distance. Pour certains, les membres de l’équipe n’ont même jamais partagé la même pièce. « Certains membres de l’équipe ne se sont jamais rencontrés en face à face. J’ai été surpris de voir à quel point les groupes utilisaient naturellement et de manière fluide des outils en ligne tels que MIRO et Teams dans leur travail de groupe. On peut dire qu’en raison du COVID, les compétences numériques ont été encore mieux prises en charge », souligne OuTI Kinnunen, professeur de conception de services à Laurea.
Le projet n’a pas seulement profité aux étudiants. Jouni, chercheur boursier impliqué dans DigiPoint, en a tiré des enseignements qu’il compte bien mettre à profit dans la suite de sa carrière : « C’était un excellent voyage. Je viens. Je suis sûr d’utiliser les outils de prévoyance et de conception de services dans mon futur projet de recherche. »
Tout n’a pas été fluide pour autant. Le démarrage de DigiPoint à l’automne 2020 a rencontré des obstacles, notamment un lancement repoussé de quatre mois sous la pression de la pandémie. L’organisation a parfois ressemblé à une course contre la montre. Malgré ce contexte tendu, les étudiants qui ont suivi l’ensemble du programme affichent aujourd’hui leur satisfaction. Trois d’entre eux ont déjà décroché un emploi, et d’autres songent à poursuivre leur parcours en études supérieures dans les prochains mois.
Et maintenant ? Pour ces étudiants, DigiPoint n’est plus qu’un point sur une ligne : une expérience qui, au fil des défis numériques et des projets, aura ouvert des portes et changé la donne pour la suite de leur trajectoire professionnelle.

